Il marche avec nous...

Ce matin, j'ai lu l'évangile du jour et voici ce que cela m'a inspiré pour toi ! ......

Deux paroissiens discutent :
"- On doit encore restés confinés. C'est long ! Quand est-ce que cela va cesser ? Comment va-t'on sortir de cette galère ? Je me sens si inutile chez moi. Ma famille, mes amis me manquent.

- Toutes tes questions me rappellent un passage de l'évangile selon saint Luc au chapitre 24. Installe-toi, regarde et écoute !



Tu vois, comme pour les marcheurs d'Emmaüs, le doute nous envahi, nous sommes découragés, tristes. Mais Jésus vient marcher avec nous. Et comme pour les marcheurs d'Emmaüs, il nous parle et ouvre nos cœurs. Laissons-le nous nourrir de la joie de sa résurrection.

- Tu as raison et cela me donne envie de chanter (clique ici pour chanter avec moi).


Petit cadeau de part de Isabelle D. qui nous partage cette méditation du Père Jean-Pierre Roche, prêtre à la retraite à Villejuif :


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24,13-35)
Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit : « Quels événements ? »
Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.
Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit : «Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Commentaires :
Nous sommes toujours le premier jour de la semaine, c’est toujours Pâques et nous relisons ce récit des disciples d’Emmaüs. Il va se passer ce qui se passe tous les dimanches à la messe quand Jésus nous rassemble, nous ouvre les Écritures et nous partage le pain. Comment cela peut-il se faire puisque nous sommes confinés, nous ne marchons pas sur la route à plusieurs ? Mais croyons-nous que le Ressuscité nous rejoint, nous aussi, sur la route de nos vies telle qu’elle est ? Nous aussi, nous sommes sonnés, tous nos projets se sont écroulés ! Nous parlons entre nous, à la maison ou au téléphone, de tout ce qui se passe… et nous nous interrogeons. Jésus se fait proche de nous : lui-même s’approche et marche avec nous. Le croyons-nous ? Il s’est fait notre compagnon d’humanité.
Et Jésus nous demande aujourd’hui : de quoi discutez-vous entre vous ? De la fin du confinement, des masques, de la reprise de l’école et du travail, des gens qui n’en peuvent plus, des familles endeuillées, des vacances qui sont à l’au, de ce monde à reconstruire… Oui, Jésus s’intéresse à nos vies bousculées. Il nous demande même de lui raconter quels sont ces événements qui nous bousculent et nous plongent dans l’incertitude.
Jésus est mort et les disciples n’ont pas pu aller à son enterrement. Alors, ils racontent sa vie, ses actes et ses paroles, comme nous l’avons fait avec la mission ouvrière du 94, pour notre frère Étienne qui a été prêtre au milieu de nous et qui nous a quittés.

Prenons le temps, comme Jésus nous y invite, de nous raconter, au téléphone ou par mail, ce que nous devenons, nos questions, nos inquiétudes, mais aussi nos découvertes, nos prises de consciences, comment toute cette crise nous transforme.

Jésus s’intéresse à nos entretiens : il se tient entre nous !
 
Laissons-nous surprendre par l’impatience de Jésus : nous aussi, nous sommes des esprits sans intelligence – au sens où nous avons du mal à comprendre la Croix ! 

Laissons Jésus nous ouvrir au sens de l’Écriture : le Dieu de l’Alliance est un Dieu vulnérable parce que c’est un Dieu qui aime, qui donne tout, qui se donne à nous.
Jésus ne s’impose pas, il se laisse inviter. Nous pouvons nous aussi l’inviter dans notre maison. Certains m’ont envoyé le coin prière qu’ils ont aménagé. Jésus est avec nous, mais c’est peut-être lui qui nous dit : reste avec moi.
Marie-Madeleine l’avait reconnu au son de sa voix, les disciples d’Emmaüs le reconnaissent à la fraction du pain, cette fraction du pain dont nous sommes justement privés en ce moment. Regardons bien, il nous donne d’autres signes de sa présence avec nous.
Jésus disparait quand les disciples le reconnurent. Une fois de plus, nous ne pouvons pas mettre la main sur lui, nous ne pouvons pas l’enfermer, il nous échappera toujours ! Il nous reste sa Parole : notre cœur n’est-il pas brûlant en nous quand nous partageons sa Parole chaque jour ?
La rencontre avec Jésus amène les disciples à retourner à Jérusalem : ils font demi-tour ! En ski, c’est une conversion pour changer de direction. Seigneur, toute rencontre avec toi nous transforme. Fais-toi  reconnaitre aujourd’hui marchant avec nous, même confinés, et donne-nous de discerner à quels changements cette crise dramatique nous appelle pour rendre cette société plus juste et ce monde plus habitable.
Père Roche

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